La promenade qui court sur le rempart face à la mer, la promenade de l'Amiral de Grasse, fait 542 mètres. Elle est gratuite, sans grille et ouverte jour et nuit. En enchaînant les repères du bastion Saint-Jaume au bastion Saint-André, on marche environ 1,2 kilomètre, soit un petit quart d'heure sans s'arrêter. Ce sera plus long, forcément.

0 €gratuit, ouvert jour et nuit
542 mde promenade sur le mur, mesurés
16 mind'un bastion à l'autre, sans les pauses
1895le démantèlement commence, la mer est épargnée

Ici, on voit le soleil se lever, pas se coucher

C'est la confusion la plus fréquente, et elle gâche des soirées. Les remparts regardent vers l'est, vers la baie des Anges et Nice. Le lever de soleil y est superbe, sur la mer. Le coucher, lui, se passe dans votre dos, derrière la ville : pour le voir tomber dans l'eau, il faut passer de l'autre côté de la presqu'île, à Juan-les-Pins, qui regarde vers l'ouest.

Le parcours, repère par repère

Le sens n'a pas d'importance, mais celui-ci a un avantage : on finit par le bastion Saint-André et son musée, et on redescend ensuite vers le marché provençal ou vers la plage selon l'heure.

ÉtapeCe que c'estDepuis l'étape précédenteEntrée
1. Bastion Saint-JaumeLa pointe du port Vauban, au pied des grands yachts. Le départ le plus logiquePoint de départLibre
2. Porte MarineL'entrée historique de la vieille ville côté port, percée au XVIIIe siècle311 m, 4 minLibre
3. Cathédrale Notre-Dame-de-la-PlateaSa façade ocre et son clocher roman, adossés au rempart348 m, 5 minLibre
4. Château GrimaldiLe musée Picasso, posé sur le mur. Sa terrasse de sculptures domine la mer51 m, 1 min12 €, réduit 8 €
5. Cours MassénaLe marché couvert, juste derrière le rempart. Le matin uniquement64 m, 1 minLibre
6. Fontaine de la TourraqueLe quartier le plus ancien, sur le rocher grec. Ruelles étroites et escaliers136 m, 2 minLibre
7. Place du SafranierLa commune libre du Safranier, ses maisons basses et ses treilles121 m, 2 minLibre
8. Bastion Saint-AndréLe bout du mur, et le musée d'Archéologie installé dedans205 m, 3 min5 €, réduit 3 €

Distances mesurées d'un repère à l'autre et converties en minutes de marche. Tarifs des musées municipaux publiés par la Ville d'Antibes Juan-les-Pins. Un Pass Musées à 15 euros couvre le musée Picasso, le musée d'Archéologie, le musée Peynet et le Fort Carré, et reste valable sept jours. L'entrée est gratuite pour les moins de 18 ans.

Le parcours sur la carte

Les huit étapes dans l'ordre, les deux bastions en doré. Cliquez un point pour le détail. Le tracé relie les repères, il ne suit pas le mur au mètre près.

La promenade de l'Amiral de Grasse au pied du château Grimaldi, a Antibes
La promenade au pied du château Grimaldi. Le musée Picasso occupe le bâtiment, sa terrasse de sculptures se trouve juste au-dessus du mur.

Combien de temps avez-vous

La réponse change complètement le programme. Choisissez, l'outil vous dit quoi faire.

Ce qu'il faut savoir avant d'y aller

Il n'y a pas une seule ombre sur le mur. C'est le point qui surprend les visiteurs d'été : la pierre chauffe toute la journée et la renvoie. Entre midi et 16 heures en juillet, la promenade est une plaque de cuisson. Le matin tôt, la lumière est rasante sur la mer et vous croiserez surtout des pêcheurs et des coureurs.

Par vent d'est, la mer passe par-dessus. Le mur prend la houle de plein fouet. Un jour de coup de vent, les paquets de mer arrosent la promenade. C'est spectaculaire, mais on ne s'y engage pas avec de jeunes enfants ni avec un appareil photo sorti.

Le sol est irrégulier. Pavé ancien, ressauts, quelques marches aux raccordements : la promenade n'est pas confortable en fauteuil ni en poussette à roues fines. L'accès le plus plat se fait par la Porte Marine, côté port.

Pour la voiture, sachez que le stationnement du secteur n'est payant qu'en semaine, de 9h à 12h et de 14h à 18h, et que la première heure est gratuite pour tout le monde. Le détail est sur notre page parking à Antibes. Le plus proche est le souterrain du Pré aux Pêcheurs, 600 places, à 245 mètres de la place Nationale.

Histoire des remparts d'Antibes

Antibes n'a pas eu un rempart, elle en a eu six ou sept, empilés les uns sur les autres pendant vingt-cinq siècles. Chaque époque a repris le mur de la précédente, l'a rehaussé, épaissi, puis l'a fait sauter. Ce qu'on longe aujourd'hui est le dernier état, et il ne représente qu'une fraction de ce qui existait il y a cent cinquante ans.

Les Grecs, puis les Romains

Les Grecs de Phocée s'installent sur le rocher antibois à partir du milieu du VIe siècle avant notre ère. Le site se défend tout seul sur trois côtés : ils ferment le quatrième. Des fouilles menées dans les années 1950 par Jacques H. Clergues ont identifié, sous les murs actuels, des assises qui pourraient appartenir à une enceinte antérieure au IIe siècle avant notre ère.

Les Romains complètent l'ouvrage au Ier siècle. Il en subsiste des morceaux identifiables : la porte de l'Orme, encadrée de deux tours à l'origine carrées, la Tourraque, et des fragments noyés dans la maçonnerie des remparts ultérieurs.

Les murailles de l'an mille

Au tournant du premier millénaire, après la reconquête de la Provence, la ville se reconstruit derrière ce que les textes appellent les murailles de l'an mille. Quatre portes les percent : l'Orme, le Trou, Juissy et Révely. Elles font communiquer la vieille ville, sur le rocher, et la basse ville qui s'étend vers le port.

Le XVIe siècle : Antibes devient une place frontière

En 1386, Nice et son arrière-pays font allégeance au comte de Savoie. En 1482, Louis XI réunit la Provence à la France. Le résultat est une frontière qui passe au Var, à quelques kilomètres, et Antibes devient la porte de la France de ce côté. Tout ce qui suit découle de cette position.

Les murailles sont relevées à partir de 1506 et le port curé. Les incursions de Charles-Quint, en 1524 puis 1536, prouvent que cela ne suffit pas. En 1550, Henri II ordonne d'entourer la chapelle Saint-Laurent d'une tour circulaire fortifiée, achevée en 1553, et de bâtir un fort sur l'îlot Saint-Jacques en 1552. Les travaux sont conduits par Jean de Renaud de Saint-Rémy. À partir de 1565, quatre bastions en pointe viennent épauler la tour Saint-Laurent : ils s'appellent Antibes, Nice, Corse et France. C'est le noyau du futur Fort Carré.

Le XVIIe siècle : les quatre bastions de Bonnefons

Entre 1602 et 1611, les ingénieurs du roi Raymond de Bonnefons et son fils Jean élèvent l'enceinte terrestre, celle qui ferme la ville du côté de la campagne. Elle porte quatre bastions, et leurs noms disent la cour de l'époque : Roy pour Henri IV, Guise pour Charles de Lorraine, Rosny pour le surintendant des fortifications, Dauphin pour le futur Louis XIII.

Vauban, à partir de 1675

Vauban, commissaire général des fortifications, ne reconstruit pas Antibes : il durcit ce qui existe. Il approfondit les fossés, double les remparts, et renforce les courtines par trois demi-lunes et trois cavaliers, sur les bastions de Guise, du Roy, qui reçoit une poudrière, et du Dauphin. La réalisation revient à Honoré Allègre. Les travaux sont dirigés par Antoine de Niquet, de 1682 à 1687, puis par des Fourneaux.

Le port est creusé en 1680, à six mètres de profondeur. Le chantier fait remonter un candélabre de marbre, des tombeaux, des fragments de colonnes et des monnaies des douze Césars. En revanche, le projet vaubanien d'un mur continu reliant le Fort Carré à la ville ne sera jamais achevé.

Deux sièges pour vérifier que tout cela sert

Le 22 août 1707, pendant la guerre de Succession d'Espagne, les troupes austro-savoyardes du prince Eugène, appuyées par une escadre anglaise, mettent le siège. La ville est bombardée, les assaillants sont finalement chassés. La campagne, elle, est dévastée : Biot est pillée, Vallauris massacrée.

Quarante ans plus tard, pendant la guerre de Succession d'Autriche, la contre-attaque austro-piémontaise assiège de nouveau la place durant l'hiver 1746-1747. Les bombardements détruisent plusieurs centaines de maisons. Le gouverneur, le comte de Sade, refuse de rendre la ville, et le siège est levé en janvier 1747.

Les derniers ajouts

Le mur continue de bouger jusqu'au XIXe siècle. Le bastion et la porte de la Marine sont construits de 1719 à 1724, un nouveau môle en 1743. En 1840, une caserne s'installe à la place du couvent des Bernardines rasé, sous la direction de Charles-Joseph-Pierre Clérici. La caserne Dugommier suit en 1889 : elle sera démolie en 1973.

Pourquoi le front de mer a survécu

Tout bascule en 1860. Le rattachement de Nice à la France repousse la frontière de plusieurs dizaines de kilomètres, et Antibes cesse d'être une place de guerre utile. La place forte est officiellement déclassée en 1889. Le démantèlement commence en 1895.

Il ne se passe pas sans heurts. Le 25 avril 1897, Frédéric Mistral intervient contre l'usage de la dynamite, qui menace les vestiges archéologiques ; les travaux se poursuivent ensuite sous la direction de l'architecte Ernest Macé. La loi du 27 mai 1899 autorise le dérasement, et l'État abandonne les terrains militaires à la ville.

Et c'est ici que se joue la promenade d'aujourd'hui. Le front de mer est épargné, pour deux raisons très concrètes : il sert au commerce, et il protège les habitations du bord de mer contre la houle. On rase l'enceinte terrestre, celle de Bonnefons, celle qui fermait la ville côté campagne, et on garde le mur qui fait face à l'eau. La ville respire enfin vers l'ouest, les boulevards remplacent les fossés, et il reste une bande de fortification de quelques centaines de mètres sur laquelle on marche gratuitement depuis.

Ce que vous longez n'est pas ce qui protégeait la ville

Les remparts qui comptaient militairement étaient les bastions terrestres, Roy, Guise, Rosny et Dauphin. Ils ont tous disparu à partir de 1895. Le front de mer, lui, n'a été conservé que parce qu'il était utile au commerce et à la protection contre la houle. Autrement dit, la promenade existe grâce à un calcul d'urbanisme, pas à une volonté de conserver le patrimoine.

Pour voir à quoi ressemblait une fortification complète de la même époque, il faut aller au Fort Carré, à 1,2 kilomètre au nord : lui a survécu entier.

Le site associatif Antibes Historique documente ce dossier bien plus loin que nous ne pouvons le faire ici, plans anciens et cartes postales du dérasement à l'appui. Sa page consacrée aux remparts est la référence locale sur le sujet, et notre chronologie s'appuie dessus. Pour l'histoire de la ville dans son ensemble, voir notre page histoire d'Antibes.

Questions fréquentes

Les remparts d'Antibes sont-ils payants ?

Non. La promenade de l'Amiral de Grasse, qui court sur le mur face à la mer, est gratuite, sans grille et accessible jour et nuit. Seuls les musées installés dans les bastions sont payants : 12 euros pour le musée Picasso au château Grimaldi, 5 euros pour le musée d'Archéologie au bastion Saint-André.

Quelle est la longueur de la promenade sur les remparts ?

La promenade de l'Amiral de Grasse elle-même mesure 542 mètres. En enchaînant les huit repères du bastion Saint-Jaume au bastion Saint-André, on parcourt environ 1,2 kilomètre, soit seize minutes de marche sans arrêt.

Peut-on y voir le coucher de soleil sur la mer ?

Non. Les remparts regardent l'est : on y voit le lever du soleil sur la mer, et le coucher se produit derrière la ville. Pour un coucher de soleil sur l'eau, il faut passer sur l'autre rive de la presqu'île, à Juan-les-Pins, qui regarde vers l'ouest.

Qui a construit les remparts d'Antibes ?

Personne seul. Les Grecs ferment le rocher au VIe siècle avant notre ère, les Romains complètent l'enceinte, les murailles de l'an mille lui succèdent, puis Raymond de Bonnefons et son fils élèvent les quatre bastions terrestres entre 1602 et 1611. Vauban, à partir de 1675, ne rebâtit pas la place mais la durcit : fossés approfondis, remparts doublés, demi-lunes et cavaliers.

Pourquoi ne reste-t-il qu'une partie des remparts ?

Parce que le reste a été démoli volontairement. Le rattachement de Nice à la France en 1860 rend la place inutile, elle est déclassée en 1889 et le démantèlement commence en 1895. Le front de mer a été conservé pour deux raisons pratiques : il servait au commerce et protégeait les habitations de la houle. Toute l'enceinte terrestre, elle, a disparu.

La promenade est-elle accessible en fauteuil ou en poussette ?

Difficilement. Le sol est en pavé ancien, avec des ressauts et quelques marches aux raccordements. L'accès le plus plat se fait par la Porte Marine, côté port. Pour une balade en bord de mer sans obstacle, la promenade du littoral vers la plage de la Salis est plus adaptée.